L'ART DE BIEN RECEVOIR

...Alors un jour comme ça je reçois une demi-carte postale d'un dessinateur humoristique belge - le cumulard - qui me dit comme ça (l'autre moitié tout en anglais pour promouvoir "The French Literature Library", au moins aussi con que "Deutsche W elle" sur le câble où plus aucune émission ou presque n'est en allemand pour ne pas zef frayer le Con Sommateur) - qu'il a "bien aimé" mon Singe Vert - ben évidemment Ducon -mais qui se permet de me conseiller de l'envoyer à des revues pour être accepté et publié - mais Consmans tu ne vois pas que je suis une revue, moi-même en personne, comme un grand, mal présentée, "très ordinaire" selon la classification" Audace", et qui n'ai pas envie de dépenser plus parce faut bien que je bouffe, et que je n'ai pas besoin d'aller mendier ma publication chez x ou y qui de toute façon ne me recevront pas sous prétexte que je ne suis pas le beau-frère de la copine à Jules?

...Et qui en rajoute dans le genre ignare le pauvre en se demandant" A quoi [il] peu[t] bien m'être utile ?" Alors pour lui, dès qu'on écrit à quelqu'un, dès qu'on entre en contact avec un inconnu, c'est forcément pour des raisons d' "utilité" ? n ne conçoit même pas que je puisse envoyer ma production "comme ça", pour le plaisir? Dans quel milieu complètement pourri vit donc ce Monsieur, dans quel perpétuel courant d'air de renvois d'ascenseurs? Si je t'envoie ma sous-merde, mon pote, c'est pour être lu par quelqu'un dont j'ai repéré l'adresse dans une revue littéraire, quelqu'un d'intéressant donc a priori, pas mon boucher, dans :l'espoir que je serai lu, tout simplement lu, le seul "service" que tu peux me rendre c'est de me lire, et d'en parler autour de toi, si ça peut occasionner un mouvement d'estime tant mieux, de rejet itou, car le rejet, c'est l'estime.

Et puis le renvoi d'ascenseur je ne suis pas contre, moi aussi je joue double jeu merde alors, tous les autres faux-culs qui se drapent dans leur vertu, exemple - je divague, mais je suis ma pente, comme Montaigne et toc, toutes proportions gardées si ça peut vous faire plaisir: '1 Ainsi donc, M. Stronziu (les italianisants, les Sardes en particulier apprécieront), que j'ai reçu chez moi en novembre 1985 " (j'ai la rancune tenace) " vous vous permettez de reconstituer à votre façon le passé, de prétendre que l'émission que vous f'ites avec moi en telle ville (aux Mureaux, soyons précis) impliquait de ma part une demande de "retour d'ascenseur" et que je vous ai envoyé des lettres d'insultes?

"Vous qui n'avez pas hésité à envoyer à un pote dont je tairai le nom vu la bassesse de caractère dont vous faites preuve -des prospectus de godes et de capotes pour le guérir de "son impuissance littéraire" -je cite -il ne s'en souvient même plus d'ailleurs..."Les "renvois d'ascenseurs" sont monnaie courante, mon cher, dans ce monde pourri où nous évoluons tous, et je ne vois pas pourquoi je ne m' y attendrais pas en toute logique, alors que les autres s'en servent abondamment? Je n'apprécie ni les leçons de morale à géométrie variable, ni les pures et simples calomnies.

"Toute réponse de votre part vous sera retournée sans avoir été ouverte, je ne m'abaisse pas à polémiquer avec un individu de votre espèce." Exactement comme le Michéléna qui dégoisait aux étudiants que leur seule justification de leur présence aux cours c'était leur pension ou leur bourse à toucher, ce qui fait que pendant que les autres cons de suiveurs ne foutaient rien sur les bancs lui-même collectionnait les diplômes... Faites ce que je dis mais ne faites pas ce que je fais. Tel libraire c'est un con royaliste, mais comme c'est curieux c'est justement là que je mets mes couillonnades en vente, ou c'est là que je vais faire un stage de vente et de gestion, à moins que je ne lui soutire la permission d'utiliser une de ses salles pour faire une conférence, mais à part ça c'est tous des cons.

C'est comme dans éÜguy -qui blâmait, attention: il y a l'homme privé, qui est mon ami, contre lequel je n'aurai jamais un mouvement d'humeur, et il y a l'adversaire politique, contre qui tous les sales coups sont permis. Qui est-ce qui veut faire la morale au Singe Vert ? Avec qui voulez~vous lutter? Pom-pom-pom-po-ho-hom ! Et puis maintenant attention! les gens ne sont plus seulement Monsieur Untel ou Mme Unetelle, mais tous vice-président ou sous-secrétaire adjoint de la PDOQ ou de la LDRDCP ACQSP ("Ligue de récupération des coups de pieds au cul qui se perdent", j'ai lu ça dans le Journal de Mickey à 14 ans, j'en fais encore mes délices) -on ne leur parle pas comme ça, aux "gensses" !

Toujours le même refrain offensé: "Pourquoi m'envoyez-vous ça à Moâ ?" -de l'évêque de Chalon aux Editions du Serpent de Mer ("Comment avez-vous eu connaissance de notre adresse? et quel rapport peut-il bien y avoir de nous à vous ?" - putain, menaçants les connards ! pour une revue de science-fiction ésotérique, bravo, compliments !) Alors maintenant j'envoie mon biniou au nom propre, en privé, sans mentionner la moindre association que ce soit, parce que les gens ont tout à fait perdu l'idée qu'on puisse s'adresser à eux en temps qu'Individu. Ca les dépasse, ça, l'Individu. Ne jamais écrire à un éditeur: dans un beau mouvement de réflexe pavlovien et avant même d'avoir ouvert le Singe Vert (au couteau, pour recevoir les tripes et le fiel en pleine gueule), avant même de vérifier à quoi ils ont à faire, ils t'envoient aussi sec une lettre de récépissé ou une lettre de refus! eux les rois de la publication, les seuls autorisés à publier, investis de la noble mission de publier en choisissant du bout des lèvres et avec des pincettes les petits génies de leurs salades de petits copains -si ça rapporte! "Il faut bien que je nourrisse mes enfants! C'est pas comme toi avec ta paie de fonctionnaire" -et allez hop c'est reparti. ben moi aussi je publie, ça vous la coupe - et attends! attends! c'est pas tout! ils t'envoient leur catalogue! Comme j'ai répondu une fois à l'un d'entre eux: "Monsieur / vous ne m'avez pas demandé mon manuscrit, vous me le renvoyez, c'est logique / Je ne vous avais pas davantage demandé votre catalogue, je vous le renvoie, c'est logique, ciao". Et toc. Comme ça ils verront l'effet que ça produit de voir que l'on ne s'intéresse pas à ce que vous faites. Parce que le coup de la " ligne éditoriale ", il ne faut pas me le faire, il consiste à chercher le gros truc qui rapporte, et c'est tout! Bien sûr que je n'irais pas envoyer des poésies au " Fleuve Noir" , mais à part ça, tout le monde publie le même genre de choses, à part les recettes bretonnes ou les études sur les cathédrales du Massif Central.

On passe à Françoise Verny, parfaitement! la grande Françoise, celle qui a "découvert", "par hasard", le Queffélec, en lui disant "Toi tu as une tête d'écrivain", évidemment ma bonne, c'est le fils de celui qui a composé "Un recteur de l'Ile de Sein" (1944) -moi aussi je t'en découvre des écrivains. croit sans doute me faire un grand, un immense honneur immérité en m'apprenant que "mon histoire déprimante de sidaïque et de cancéreuse n'apporte pas grand-chose" !

Eh si tu veux te marrer Françoise t'as qu'à lire les Histoires de Blondes, y en des recueils entiers et tu t'en fouts, t'es brune -putain je devrais m'aplatir! J'ai reçu une appréciation personnelle de Françoise Vemy rends-toi compte! je devrais l'encadrer dans mes chiottes! Mais ma pauvre dame, lui ai-je répondu, moi j'envoie mon manuscrit comme on joue au loto, je ne vois pas le Directeur de la Française des Jeux m'avertir que "mes numéros sont déprimants et n'apportent pas grand-chose" ! On 1'y reprendra tiens à être aimable et à faire 1'aumône d'une appréciation à un pauvre écrivain bien humb1e ! n faut dire aussi que je suis dégueulasse, parce que j'avais bien appâté 1e poisson:

Madame,

Humblement conscient de l'abîme qu'il y a de votre notoriété à mon obscurité, je me suis néanmoins permis de vous faire parvenir l'opuscule intitulé "Le Jour de notre mort", priant les Muses qu'il daigne vous agréer. Ce faisant, je sais bien que j'enfreins la règle élémentaire: Eviter à tout prix le manque de sérieux, "qui trahit son débutant" ; je préfère cependant le risque de la frivolité à l'ensablement poli auquel, malgré tous mes efforts, je n'ai jamais pu contraindre ma cervelle.

Croyez, Madame, en l'assurance de mes sentiments les plus distingués. "

Alors elle a mordu. J'offense, et puis je me p1ains. Chi offende no perdona. Logique. Elle s'est donc imaginé me faire une faveur -alors qu'elle ne fait qu'entasser le sarcasme sur le mépris. Mais quand même là, j'ai été dégueulasse, c'est sûr. Qu'est-ce que vous voulez, je n'ai jamais pu m'habituer à l'idée que "ses gens-l.à", étaient : “ les gens comme les autres, avec leurs humeurs et leurs sensibilités. J’ai l’impression d’avoir affaire à des machines.
-et la Chapsal donc!
qui m’informe par son "secrétariat" -ah ah son "secrétariat" - qu'elle n'a pas eu le temps de me lire -c'était le numéro 19 je crois, un des plus dégoûtamment misogyne et que je vous recommande chaudement -et qu'elle "consacre l'essentiel de son temps à son Oeuvre" -Chapsal, je rêve! Tenez la voici, ma réponse:

LE SINGE VERT Secrétariat le (tant)

Madame

Il est absolument inimaginable que vous ayez pu vous imaginer que "le Singe Vert" sollicitait le jugement de qui que ce soit. "Le Singe Vert" n'est pas du tout un "manuscrit" que l'on confie humblement à l'approbation d'une huile dans l'espoir qu'elle condescendra à l'apprécier; c'est une revue, qui n'en a pas l'air parce qu'elle est fauchée, qu'on lit si on en a envie, qu'on ne lit pas si on ne le souhaite pas, et c'est tout. .Te suis un grand garçon de 54 balais, ridicule et fier de l'être; je n'ai strictement aucun besoin de l'approbation ou de la désapprobation de qui que ce soit, et -mon Dieu comme c'est bizarre et quelle coïncidence -je "consacre" moi aussi "le maximum de [m]on temps à [m]a propre écriture".

"Votre présomption grotesque rappelle très exactement ce ridicule si féminin de se donner d'avance l'air de refuser ce qu'on ne pense nullement à demander...Celà dit, bien à vous."

Mais là, j'ai un peu trop montré que j'avais été vexé. Elle l'a peut-être lue, ma saloperie, et elle se l'est joué grande dame. Quoique... Il y a tout de même des Individus qui me répondent. Ma cousine par exemple, pas vue depuis 35 ans, qui m'informe que ma revue est "pseudo-littéraire", "nulle", putain quelle perspicacité cousine! sans des génies tales que toi, je ne m'en serais jamais aperçu! Mais évidemment que je suis nul, pauvre tache, et en plus je m'en vante! Attends, attends! elle m'envoie un petit mot dédaigneux cacheté avec un petit morceau de scotch, à la manière du Singe Vert! ...d'un air de dire "Voyez-moi ce pauvre type qui n'est même pas capable de présenter sa revue avec tout le brillant et tout le bel extérieur que nous méritons, nous autres lecteurs!" Je n'ai pas pris de Rrrrisques Ffffinanciers ! Non mais lecteur, tu ne t'imagines tout de même pas que pour une revue gratuite, et que tu n'as pas demandée, je vais me fendre d'un beau papier, d'une belle enveloppe et d'un cachetage adé-kom-quât (amis Viet-Namiens, bonjour...) ?

C'est à ça qu'on juge une revue, Messieurs-Dames, à son Extérieur, pas à ce qu'il y dedans! Quand un directeur de revue rencontre un directeur de revue, de quoi qu'ils s'entretuent ? de Présentation Extérieure coco! d'offset et de quadrichromie! Vous ne voudriez tout de même pas qu'on se parle de la valeur artistique des textes! Beurk ! De même, à la réunion de la Société des Ecrivains des Provinces françaises, de quoi croyez-vous qu'on a parlé? Mais des huîtres, mon cher, bien évidemment des huîtres! Et cette autre Quercinoise qui se plaint qu'on n'apprend pas grand chose, qu'il y a des fautes d'impression (où çà?) que je m'imagine qu'il faut coucher, et que pour dire cela il faut que je sois très laid!

Oui ma gracieuse, je suis laid, vieux et impuissant ai-je dit, mais surtout effroyablement Khon -et ce Savoyard de mes deux qui "refuse de recevoir cette saloperie" 7 Même mes chocolats il a refusés! du coup je lui ai envoyé -ô grand homme! ô grand poète! ô grand humoriste! (c'est sur les fiches signalétiques d"'Audace") mes voeux, aussi anonymes que transparents, avec un porc qui rote sur la carte... Et cette peintresse qui m'envoie un petit mot pincé de la chougne : "Je vous prie de cesser!" -pauvre chochotte, ça ne t'es jamais venu à l'idée de te plaindre de toutes ces ordures publicitaires que tu reçois par paquets de dix dans ta boîte, les "CarilJon 33", les "Bonjour Hebdo-Gironde" et les réclames du Mammouth ?

Alors ça tu n'as jamais pensé à le renvoyer avec un petit mot "Vous faites chier" ? Ah mais c'est normal, ils prennent des risques financiers mon vieux! toi tu n'es qu'un individu trou-du-cul moyen! qui ne représente rien! rendez-vous compte, ni statuts, ni conseil d'administration, ni trésorier... Le Singe Vert répond à tout le monde; s'il a entendu dire que quelqu'un le traitait de fou ou bien l'accusait d'envoyer des lettres d'injures, ce qu'il ne fait jamais, pas fou, il répond. Il ne pratique jamais le pardon des injures, le Singe Vert, ni la politique du "Les chiens aboient la caravane passe", il n'a pas cette grandeur d'âme.

Depuis son enfance il se fait traiter de con, alors maintenant il en a marre d'avoir fait le paillasson il voudrait s'essuyer les pieds, voir la devise de l'armée rouge (c'est dommage, ça devrait être celle de Tsahal: "Pour un oeil les deux yeux, pour une dent, toute la gueule".)

Exemple:

Cher Monsieur,

Si tout ce que vous trouvez à dire à mon sujet lorsque vous rencontrez l'un de mes amis dont je tairai le nom vu le niveau où le débat est descendu consiste en cette formule aimable:

"Comment ? Vous connaissez ce fou ? " -sachez que vous pouvez passer sans hésitations aux termes de connard, d'enculé, de trou du cul, et tout autres vocables choisis auxquels votre belle âme ne saurait permettre de se faire entendre sous votre beau palais si distingué. Me faire insulter par un être tel que vous, qui transperce du regard ma grossière personne en feignant de ne même pas s'apercevoir de sa présence dégoûtante, constitue pour moi le summum de la jouissance, et ce sont des insultes parties d'aussi bas qui me permettent justement de me redresser, de me sentir fier de moi et de persister dans ma mission, qui est non pas de me faire passer pour un fou, mais carrément pour un con.

S'il venait par hasard à l'idée de votre auguste plume de se souiller à me répondre, sachez que ma main cul-terreuse n'envisagerait pas davantage l'audace de m'adresser une seconde fois à Votre Grandeur, Gardienne du Temple de la Raison, de l'Edition et des Risques Financiers. Ciao. ”.

D'accord, c'est nul. Ce n'est pas comme ça qu'on se fait des amis. Mais quand on est poli, on se fait ignorer quand même, alors, quant à faire ("tant qu'à faire"), autant jouir. Et puis dans six mois on sera copains comme cochons.

Le Singe Vert n'est pas un sage, c'est un con, il faut bien vous mettre çà dans la tête, quand il sera mort, il aura enfin trouvé la paix, mais il n'est pas du genre à s'abîmer sur un tapis de prières ou à marmotter des mantras bouddhiques: "délivrez-moi de la souffrance et du désir" -eh Kishi Duoduma, comment tu fais pour avoir envie de vivre si tu supprimes tout désir de quoi que ce soit? Moi j'envoie mes papiers à qui me plaît, concerné ou pas. On se le reçoit comme un poing dans la gueule, ou on reste indifférent, ou on le jette, m'en fous.

Et en particulier, le Singe Vert ne sert à rien. Il ne veut rien réformer. Il n'y a plus que de ça, maintenant, des mecs qui veulent réformer, sauver l'humanité souffrante. Et je refuse la logique commerciale du mec qui chiade bien sa petite revue avec la raie sur le côté plus .les petits souliers vernis ("Y a des pellicules sur tes godasses", plaisanterie faite aux filles dans les années 60, ouh le vieux !) et qui demande qu'on passe la monnaie. "Vous avez vu comme mon cul est bien goménolé vous auriez pas quatre sous svp" moi non, je ne me fais pas acheter par des gens d’avance convaincus de ce qu'ils vont lire, les écrits dans le Monde pour les lecteurs du Monde ne prêchent que des convertis du Monde, et en plus ces braves intellos-.là (Montès) font suivre .leur noble protestation de leurs nobles titres universitaires sans se rendre compte qu'ainsi ils dévalorisent complètement leur message, carrément le circuit fermé, les bourges parlent au bourges, "Nous disions donc" -dessin de Cabu "que nous sommes contre la guerre, pour la paix", le dessin représentant l'hémicycle de l'ONU à Genève en forme de grosse pantoufle -moi j'ai compris que c'est seulement en multipliant les bordel et les Nom de Dieu qu'on y arrive, ce qui fait que tout .le monde me dit que je suis banal mais éprouve .le besoin de le dire ce qui prouve bien que mon Dieu Madame la Marquise a tout de même été un peu éclaboussée par la merde qui est bien la matière la plus banale qui soit, dans ce putain de pays il n'y a qu'en bloquant les routes et en démontant des Mac Do qu'on a des chances de se faire entendre, le pouvoir est dans la rue et dans les banques, je le dis après les autres et alors?

Enfin le pouvoir...Ce besoin qu'ils ont tous surtout que vous fermiez votre gueule alors qu'il n'y a qu'eux, n'est-ce pas, qui ont le droit de parler parce qu'ils prennent des risques financiers! de vous demander" A quoi ça sert", c'est comme le porno, ça ne sert à rien de le faire mais ça ne sert à rien non plus de ne pas le faire alors je le fais, tu sers à quoi toi? les gens sont malades de l' "efficacité, "le latin ça sert à quoi" -ils ne se posent pas la question pour l'alpinisme c'est curieux ou le sport automobile -"c'est contradictoire" mais je le sais mon con, Baudelaire revendiquait parmi les droits de l'homme le droit de se contredire, le droit de se taire aussi, il faut absolument que tout serve à quelque chose, comme me disait ma tante RAYMONDE à treize ans d'un ton rogue et condescendant "On ne t'a pas attendu pour.." -mais on ne m'a jamais attendu pour rien tata et je ne sers à rien, pas plus que toi et j'existe et je t'emmerde.

Je t'en foutrais des solutions moi... Je t'en foutrais de l'humanitaire, "je sauve l'humanité", "je réconcilie les hommes", "Perdus de vue" et autres conneries larme à l'oeil bon je n'ai rien contre. Le lecteur aura l'impression que je dis toujours la même chose, mais c'est bien aussi parce que les choses restent les mêmes, tas de cons, disait à peu près Péguy -il est pas de droite, celui-là? Si mon vieux, il s'est même battu toute sa vie pour la réhabilitation de Dreyfus, bien vu l'aveugle... Bref vous avez parfaitement compris, le Singe Vert a toujours raison -il y a d'ailleurs un livre qui vient de paraître à ce sujet, "L'art d'avoir toujours raison" -et il n'y a que lui d'intelligent.

Comment lecteur, tu ne fais jamais ça, toi? Petit saint, va ! Ah cons que nous sommes...

-Le Singe Vert se vautre dans la facilité. Ta gueule.(Oui je sais, je l'ai déjà utilisé, mais ça fait "signature", tu vois; bis repetita placent, ou si tu veux pubis repetita placenta).